5. Les coulisses : l’hôpital raconté par les professionnels

Histoires de « famille »

Durée
2:50
Nombre de piste(s)
6 pistes

Pour la plupart des professionnels, l’organisation de l’Hôtel‑Dieu est assimilés à celle d’une famille. De nombreux agents étaient d’ailleurs parents : entrés à l’hôpital par connaissance, y ayant rencontré leur futur époux ou épouse… La famille, ce sont aussi des querelles – entre collègues, entre services –, mais sans jamais se départir d’un esprit de solidarité qui était la marque de cet hôpital.

  1. Dans les sous-sols, l’hôpital avait ses boulangers, ses charcutiers, ses bouchers, ses maçons, sa cave. Donc on vivait un peu en autarcie finalement […] Après ils sont partis à l’Hôpital Général. En 60 c’était terminé par contre, il n’y avait plus ces corps de métiers qui avaient disparus […] Il y avait la ferme de Saint-Beauzir qui fournissait les cochons … L’hôpital avait sa ferme.

  2. L’Hôtel‑Dieu, c’est une histoire de famille, il faut dire les choses comme elles sont, dans les années 70, lorsqu’on avait quelqu’un en place qui était bien noté, on rentrait sans qualification, ma cousine est rentrée grâce à mon papa, comme moi, c’était presque la règle…

  3. Andrée, 71 ans, aide-soignante

    • 0:33

    Moi j’étais assez fauchée à l’époque j’étais jeune et je me souviens que – je pense qu’elle devait fermer les yeux Melle Portier mais c’était interdit bien sûr de manger à la tisanerie. Mais comme moi j’avais pas d’argent pour descendre manger un repas, et bien ils me gardaient mon assiette dans un coin. […] Y’en avait un qui se mettait un peu de garde sur le côté et j’arrivais à manger mon assiette.

  4. Carmen, 79 ans, ancienne infirmière

    • 1:23

    On se connaissait tous, il y avait une excellente ambiance. Parce qu’on était tous là. Il n’y avait pas Saint-Jacques, il n’y avait rien. On n’était pas nombreux. Il y avait beaucoup de travail physique à l’époque, donc on s’aidait. Quand on avait moins de travail sur son service, on allait aider. Aujourd’hui c’est très sectorisé. J’ai passé 3 ans à Estaing parce que j’accompagne quelqu'un qui a de gros problèmes et… il y en a une qui m’a dit « mais ici aussi c’est l’Hôtel‑Dieu» ; j’ai dit « non madame, ça n’aura jamais rien à voir avec l’Hôtel‑Dieu». C’est vrai qu’ici il y avait une ambiance particulière. Je ne sais pas pourquoi, tout n’était pas parfait. Il y avait des accrochages aussi entre nous. […] Je ne dis pas que c’était le paradis mais on s’entraidait. Moi je me suis retrouvée catapultée la nuit, jeune infirmière, quand vous avez 50 ou 100 malades sous votre responsabilité, c’est beaucoup de stress. On ne sait pas tout et bon ben j’allais voir une collègue ancienne, je lui demandais et y avait pas de souci. Elle se déplaçait. C’était les aides, des fois il y en avait des biens, des fois il y en avait… il n’y avait pas de diplôme à l’époque, d’aide-soignante, donc c’était des ASH qui aidaient, donc il y en a qui étaient plus ou moins performantes.