3. Un espace qui sollicite l’imaginaire

Goûter, voir, entendre, sentir… et ressentir

Durée
4:59
Nombre de piste(s)
9 pistes

L’odeur du café au distributeur, celle de l’éther… Le goût de la purée des plateaux repas, celui d’un flan… Les pleurs de bébés à la maternité, les cris des malades dans les salles communes, le bruit des charriots dans les couloirs… La vue sur le Puy-de-Dôme, celle sur le voisin de chambre… Des odeurs, des goûts, des sons, des images, des sensations de chaud et de froid, de toucher : tous les sens des habitants sont en éveil lorsqu’ils se souviennent de l’Hôtel‑Dieu…

  1. Paul, 60 ans, habitant de Clermont‑Ferrand

    • 0:28

    A l’époque dans la salle commune où je suis resté hospitalisé environ une semaine en 76, il y avait beaucoup de bruit. Les charriots et tout ça qui cognent et l’idée qu’on avait du bruit tout le temps. Ce qui fait qu’on a un sommeil tout le temps haché. Et puis on entend nos voisins avec tous les détails que vous imaginez.

  2. Corinne, 42 ans, hAabitante de Clermont‑Ferrand

    • 0:23

    Et je me souviens, je suis arrivée la veille de l’accouchement, et dans l’escalier qui arrivait au premier étage, il y avait une super vue sur le Puy-de-Dôme et je trouvais ça génial. J’arrivais en Auvergne et j’ai trouvé ça génial cet endroit.

  3. Christine, 53 ans, habitante de Perrier

    • 0:19

    Il n’y avait aucune intimité à la maternité. Tu n’avais pas de rideau. Quand on te faisait la toilette du sexe : aucune intimité. Tu écartais les jambes devant tout le monde.

  4. Myriam, 44 ans, habitante de Chamalières

    • 0:37

    Je me souviens qu’on nous servait de la purée. Et je pense que jamais je n’oublierai le goût de cette purée. Et des fois, quand je vais dans certains lieux, des cantines administratives et tout, tu retrouves une purée qui a le même goût et en fait j’adore. Et je pense que les gens étaient gentils, là-bas. Que les infirmières étaient gentilles. Et que j’associe cette purée… ça c’est un truc que j’emmène avec moi.

  5. Le service médecine au-dessus, c’était la cour des miracles. Dans l’entrée, il y avait tous les habits qui étaient entreposés. Ça dégageait une odeur pestilentielle. Et puis c’est là qu’il y avait l’eau courante. Les gens n’avaient rien, ils avaient une table de nuit et c’est tout. Ils avaient séparé comme à Dupras avec des cloisons qui n’étaient pas fermés ni en haut ni en bas, pour en mettre 6 ou 4 par… que ce soit moins la grande salle avec les poteaux. Mais il n’y avait rien pour mettre les habits donc le vestiaire était à l’entrée. Quand on arrivait on passait par l’entrée. Donc l’hiver, quand il y avait les clodos, les puces, les punaises et compagnie, ça dégageait une odeur…

  6. Thierry, 59 ans, habitant de Clermont‑Ferrand

    • 0:22

    Le service où j’étais enfant, j’avais 3 ans-3 ans et demi […]. J’entendais parler mes parents derrières les portes et les infirmières. Mes parents n’avaient pas le droit de venir me voir mais moi je les entendais qui parlaient dans le couloir. Je savais qu’ils étaient là et qu’ils ne venaient pas. C’est dur pour un enfant. Actuellement ça ne se ferait plus. L’hôpital : non seulement l’enfant était malade, mais en plus il était puni !

  7. Jacqueline, 62 ans, habitante de Clermont‑Ferrand

    • 1:18

    Moi à mon époque, quand un bébé pleurait, tous les autres dans la chambre pleuraient. C’était un concert. On dormait pas de la nuit.

  8. Colette, 54 ans, habitante de Clermont‑Ferrand

    • 0:39

    Quand je venais visiter quelqu’un, je me souviens de l’odeur. Parce que c’était la première fois que je côtoyais le milieu hospitalier. Cette odeur dans les années 70 : c’était l’odeur d’éther. Plus que maintenant. Mais c’est pas les mêmes produits et les mêmes techniques.