3. Un espace qui sollicite l’imaginaire

Les éléments du décor

Durée
6:09
Nombre de piste(s)
9 pistes

Les équipements étaient conformes au décor : lits à barreaux dépourvus de roulettes, uniformes vieillots fermés par des « yoyos », appareils d’imagerie médicale faisant figure d’antiquités ou de « dinosaures »… Si nombre de professionnels s’en souviennent avec humour, ils rappellent aussi une ambiance bon enfant et une forte solidarité.

  1. Christine, 53 ans, habitante de Perrier

    • 0:27

    Au milieu tu avais pour langer ton bébé, qu’on appelait l’aquarium. Quand tu voulais changer ton bébé, tu le mettais dans cette boite en bois, ça partait dans l’aquarium, t’allais récupérer ton bébé et tu changeais ton bébé là.

  2. Jacqueline, 62 ans, habitante de Clermont‑Ferrand

    • 1:36

    J’ai accouché à l’Hôtel‑Dieu. C’était public et puis voilà. J’habitais Saint-Gervais-D’auvergne. Pour le dernier, j’habitais Clermont. Le premier c’était en 73 et le deuxième en 88. En 73, c’était des chambres à trois lits. Le lavabo était commun, au milieu de la chambre. Je crois qu’il n’y avait pas de rideau pour séparer les lits. Les petits lits de bébé étaient en bois, on les poussait et ça allait à la nurserie. C’était une pièce où je suppose qu’il y avait de la surveillance pour les laisser si on avait besoin de sortir et on pouvait leur faire la toilette, avec une cuvette. Celui qui est né en 88, c’était des chambres à deux lits. Là ça avait commencé un peu à changer. Mais avec toujours le même système. Mais par contre il y avait la péridurale que je n’avais pas eu pour la première, il n’y en avait pas. Ça change tout ! Faut reconnaitre. Mais c’était exactement la même chose, avec les tiroirs, le lavabo au milieu, les toilettes sur le palier, les douches aussi. Après ma fille a accouché en 98 et pour elle par contre, tout avait été refait, elle avait la douche et une chambre individuelle.

  3. J’habite juste à côté. J’y venais, j’habitais à côté. Je passais par-là des fois. Au tout début que je travaillais, je n’avais pas le téléphone donc je venais téléphoner là, dans la cabine qui est dans le hall. J’étais à l’abri et puis il y avait moins de bruit. Mais sinon je ne travaillais pas dans ce bâtiment […] On n’avait pas de portable rien du tout. Les patients avaient un téléphone dans la chambre, mais tous ceux qui venaient en consultation, et tout, téléphonaient à la cabine.

  4. Les porteurs  allaient chercher le linge sale et ils ramenaient le linge sale. Ils avaient des petits charriots électriques à l’air libre et derrière il tirait cinq ou dix charriots. Et ils allaient chercher le linge dans tous les services. Une chose aussi que je me rappelle, à l’Hôtel‑Dieu dans les salles d’opération, on amputait les membres et il y avait un four pour brûler les membres qui avait été amputés. Et mon frère allait chercher ces membres pour les amener à ce crématorium. Les bras, les mains, les jambes.

  5. Monique, 63 ans, habitante de Clermont‑Ferrand

    • 0:44

    Mon oncle a eu une clavicule cassée, j’avais été le voir avec ma mère et il était dans une salle publique. Il y avait peut-être 20-30 lits alignés avec des rideaux au milieu pour séparer les lits. J’ai ce souvenir, ça m’avait impressionnée. Je ne connaissais pas les hôpitaux, à l’époque. Et je trouvais ça grand. Les patients criaient parce qu’à l’époque il n’y avait pas les antidouleurs de maintenant. Ça devait être dans les années 60. Et c’étaient les sœurs à l’époque. Mais bon j’étais gamine.

  6. Josette, ancienne infirmière

    • 0:17

    Pour les opérations dites « sales », on se déshabillait tous, et on repartait, on défilait en petites culottes et soutien gorges pour prendre les tenues….il y avait de l’ambiance à l’époque !

  7. Quand on arrivait, on passait à la lingerie et on allait chercher nos tenues. Alors on avait trois tenues. Trois tabliers et quatre bavettes. Avec les yoyos. Voilà. On nous donnait un certain nombre de yoyo. Alors le Yoyo c’était comme des boutons, comme des petites poulies. Les tabliers n’avaient pas de boutons, ils avaient deux boutonnières et on boutonnait avec le yoyo. Mais ils étaient comptés les yoyos. Et si on perdait un yoyo ça n’allait pas ! On avait des blouses, et puis ce grand tablier devant, et c’était un triangle qu’on attachait avec le yoyo et la blouse en dessous, alors on était notées sur la tenue. Il fallait qu’on ait le tablier qui ne pende pas de droite et de gauche, il fallait qu’on soit propre et on avait des chaussures blanches.

  8. Un jour on s’amusait avec la collègue, on courrait dans le couloir, le brancardier avait dû nous en faire une, on avait trouvé son charriot et on avait poussé son charriot (rires). On l’a poussé, il est grand le couloir, mais les roues ont tourné et le charriot est parti dans les escaliers de la chapelle. On est partis en courant parce que on s’est dit « ça va pulvériser la porte de la chapelle, on va se faire tuer ! » Et on a réussi à le rattraper.