1. Un hôpital hospitalier

Un emblème du paysage clermontois

Durée
10:53
Nombre de piste(s)
14 pistes

L’Hôtel‑Dieu est un véritable monument du paysage clermontois, à la fois remarquable par son architecture et témoin d’un service public hospitalier en cœur de ville. À son sujet, les habitants évoquent souvent un souvenir d’hospitalisation ou de visite, mais également le bâtiment lui-même et sa belle façade imposante en pierre noire volcanique. Cet « hôpital-cathédrale » que l’on traversait parfois pour raccourcir son trajet, c’est une partie de l’histoire de la ville.

  1. Clothilde, 55 ans, habitante de Saint-Genès-Champanelle

    • 0:34

    C’était un vieil établissement qui avait du cachet, une âme. Ça m’a quand même assez peinée de voir qu’on n’allait plus utiliser… mais en même temps je comprends bien que c’était obsolète. Il y avait quand même des services vétustes. Mais il y a quand même une petite nostalgie. Il y avait une âme, qui est due au bâtiment, je pense.

  2. Thierry, 59 ans, habitant de Clermont‑Ferrand

    • 3:11

    J’ai beaucoup fréquenté l’Hôtel‑Dieu. J’avais 3 ans. Je suis resté 2 mois au service de pédiatrie parce que j’ai fait un coma. Je suis resté deux mois avec des perfusions intracrâniennes. J’ai fait un coma convulsif suite à une allergie à un vaccin enfantin. On m’a fait un vaccin qu’on n’aurait pas dû me faire. J’ai fais un coma convulsif. Après j’ai fréquenté l’Hôtel‑Dieu parce que ma sœur est médecin. Elle a fait ses internats. Donc j’allais la voir dans les services de l’Hôtel‑Dieu pour… quand j’avais besoin d’argent pour prendre le bus… parce que j’allais voir ses copains avec elle. J’ai huit ans de moins qu’elle. […] Je connais l’Hôtel‑Dieu parce que je le traversais pour aller du pensionnat Godefroy de Bouillon à la gare routière. Ça me permettait de couper. Je passais par les services Saint-Vincent et puis mon papa était hospitalisé au service Saint-Vincent cardiologie. J’étais en seconde quand mon papa a eu son infarctus, donc je savais que le service Saint-Vincent donnait sur le jardin du bas, et je savais aller dans ce service en entrant pas la porte principale du boulevard Briand. Comme je connaissais en plus les locaux par ma sœur, je savais qu’en passant par Briand, la galerie des donateurs, la petite pièce avec la fontaine et toutes les boiseries, à droite je débouchais dans un immense couloir qui était un petit peu en pente, je tournais à gauche et j’arrivais au service Saint-Vincent et je pouvais sortir par le bas. Et je pense que je n’étais pas le seul Clermontois à m’être servi de l’hôpital comme raccourci. Je n’étais pas un cas isolé. L’hôtel‑Dieu comme lieu de passage. Il fait partie de mon paysage de Clermont au même titre que la cathédrale, au même titre qu’actuellement le conservatoire de musique. Je l’ai toujours vu. […]A droite, le bureau des entrées avec une file de gens qui attendent parce qu’il était toujours bondé. La galerie des donateurs avec des gens qui étaient assis sur les côtés parce qu’ils attendaient un rendez-vous… ou… tous les médecins, les blouses blanches que vous voyiez défiler etc. Il y avait aussi des gens dans la petite salle aux boiseries. Par contre quand je prenais la coursive qui allait doucement en pente, là je ne croisais que des infirmières et des médecins. Bizarrement je ne voyais que des blouses blanches et je retrouvais des gens comme moi là où il y avait le service Saint-Vincent. Mais j’avais l’impression que cette coursive, à part les médecins et moi, personne ne l’utilisait ! (rires). Ils ne m’ont jamais posé de questions. La seule fois où j’ai été interpellé c’était par un interne de l’année de ma sœur qui m’a dit « ben qu’est-ce que tu fais là ? » Mais ça ne les étonnait pas.

  3. J’avais 20 ans quand j’ai été hospitalisée là après un accident de voiture. J’ai eu une fracture du nez. Je devais partir en voyage et je suis partie l’année suivante. Je me souviens aussi de l’arrachage des dents de sagesse de ma fille. Voilà. Et j’ai accouché aussi à l’Hôtel‑Dieu. Par contre il faisait chaud et j’ai pas eu un super accouchement donc voila. Comme c’est universitaire et que ma fille était mal placée, il y avait beaucoup de monde autour de moi, des internes, ils étaient au moins une dizaine. Je me souviens qu’ils essayaient de toucher le bébé et tout et que c’était très douloureux. Sinon je trouve que c’est un superbe bâtiment. C’est bien de le garder, ça fait partie du patrimoine de Clermont. Faut pas l’abîmer, quoi. Ma fille quand elle était petite, elle disait pas Hôtel‑Dieu elle disait l’Hôtel Depardieu. […] L’Hôtel‑Dieu, c’est comme Michelin, c’est Clermont. Ça appartient aux Clermontois.

  4. Camille, 34 ans, habitante de Clermont‑Ferrand

    • 0:36

    Je trouvais ça beau, cette ancienne bâtisse. C’est historique, quoi. Ça fait partie de Clermont, c’est l’Hôtel‑Dieu, quoi. […] le fait que l’Hôtel‑Dieu soit en centre-ville, quand t’as pas le permis, c’est pratique. On n’habitait pas loin, c’était pratique. J’en garde des bons souvenirs malgré les petites réflexions qu’on prend des fois dans la figure quand on est une jeune maman. C’était une super histoire.

  5. Paul, 60 ans, habitant de Clermont‑Ferrand

    • 0:47

    La polyclinique, je trouvais que c’était un bâtiment magnifique, avec une belle orientation. C’est art déco. On sent qu’il a été construit avec des moyens, comme le bâtiment du Monoprix. Des bâtiments de qualité de cette époque, il n’y en a pas beaucoup à Clermont. Et quand on est revenus habiter Clermont, on s’est dit « on va acheter un appartement près de la polyclinique avec vue sur le Puy-de-Dôme ». Et puis j’ai appris avec consternation que ce serait une résidence de vieux. L’Hôtel‑Dieu, c’est un bâtiment emblématique en centre-ville.

  6. Myriam, 44 ans, habitante de Chamalières

    • 0:30

    L’Hôtel‑Dieu aujourd’hui : c’est beau. L’architecture est belle. Ils ont affiché ce qu’ils vont faire et je regarde toujours ce qu’ils vont faire. On découvre maintenant une architecture qui est détachée de la maladie … et c’est vraiment beau.

  7. Yolande, 52 ans, habitante de Lempdes

    • 0:28

    L’hôtel Dieu pour moi, c’est le petit hôpital. Et l’architecture. En centre-ville, pour la pause de midi on pouvait sortir en ville, on était tout près. Ça changeait les idées de sortir.

  8. L’Hôtel‑Dieu, pour nous il n’y avait pas autre chose, à part quelques cliniques privées. J’habite tout près de l’Hôtel‑Dieu. C’était agréable parce que c’était accessible, au fond. On soignait tout, en somme. L’Hôtel‑Dieu, c’était aussi important que notre cathédrale. Voila. En pierre de Volvic. C’est le Puy-de-Dôme, la cathédrale et Hôtel‑Dieu, quoi. Pour nous c’était les trois choses indispensables, si on peut dire. Et à ce moment-là, il y avait de belles rues.

  9. On avait l’impression d’être dans la ville et en même temps d’être protégés de la ville, dans u endroit un peu hors… Pas hors du temps mais un peu à part, un peu décalé.

  10. Quand je passe devant, souvent je dis à mon fils qui a 14 ans : « c’est là que tu es né ». Je trouve que c’est chouette d’être né là, au centre-ville. C’est vraiment le cœur de Clermont. Il y a une dimension un peu historique, avec le jardin Lecoq en face. Pour moi en plus qui n’était pas d’ici, c’était chouette.

  11. Pierre, 45 ans, habitant de Riom

    • 0:42

    Quand on rentre, c’était sous les arches, c’était étrange d’avoir une grande arche et après des petits trucs un peu labyrinthes et puis ce grand couloir voûté. C’est ce souvenir-là, de rentrer dans un endroit un peu étrange, chargé d’histoire […] Ça représente la grande ville, l’hôpital qui était là depuis toujours, comme si la ville avait été construite autour. L’Hôtel‑Dieu, quoi.

  12. Qu’ils gardent ces bâtiments, oui, parce que c’était l’image d’un quartier. Et c’est vrai que je pense que ça va rester longtemps « l’Hôtel Dieu » dans la mémoire des gens. Même si c’est plus ça […] Dans l’ensemble, c’est l’architecture du bâtiment qui me marque. Parce que c’est vrai que c’est un bâtiment qui est merveilleux, avec tout ce qu’il a vu depuis 1600 et quelques… il y a des histoires à raconter derrière les pierres ! Mais c’est vrai que c’est bien qu’il soit sauvé. Comme Sabourin. C’est deux monuments hospitaliers de Clermont. Moi ça me faisait mal au cœur quand on ne savait pas quoi en faire. Sinon j’y ai laissé quelques dents parce que j’ai été opérée des dents.

  13. Serge, 67 ans, habitant de Clermont‑Ferrand

    • 0:29

    Visuellement j’ai le souvenir de couloirs avec des peintures que je regardais.  On pouvait traverser l’Hôtel Dieu du côté du jardin Lecoq. En marchant il m’arrivait de traverser l’Hôtel‑Dieu. Pas parce que c’était un raccourci mais pour moi c’était un espace apaisant.